🎮 Aperçu : The Caribou Trail
Rapide revue de la démo de "The Caribou Trail", un jeu par Unreliable Narrators.
Salut internet,
Si vous aimez les jeux de narration sur fond de "simulation de marche", avec un ancrage dans des faits historiques réels et une volonté de transmettre du savoir par le jeu, il y a fort à parier que les travaux du studio québécois Unreliable Narrators méritent votre attention.
Sur ma chaîne Twitch, j'ai eu l'occasion de couvrir leur production Two Falls (Nishu Takuatshina), pour le plus grand bonheur de mes spectateurs et moi-même. On y découvrait alors une histoire méconnue : celle de la colonisation du Canada au 17e siècle, vue par les yeux de 2 personnes que tout oppose - Maikan, un autochtone, et Jeanne, une fille du roi débarquant avec des colons.
Sorti en 2024, Two Falls, bien que peu médiatisé, semble avoir rencontré du succès auprès des personnes qui ont pu y jouer.
Aujourd'hui, je vais vous parler de la toute nouvelle production d'Unreliable Narrators : The Caribou Trail.
Contexte historique
De la même manière qu'avec Two Falls précédemment, le pari d'Unreliable Narrators au travers de The Caribou Trail est de nous faire vivre un récit émotionnel et, bien que fictif, basé sur des faits réels.
Ainsi, la trame narrative se déroule durant la première guerre mondiale : en 1915, dans la péninsule de Gallipoli à l'occasion de la bataille des Dardanelles.

Si cette date, ce lieu ou même plus globalement cette période ne vous parle pas trop, retenez ceci (micro cours d'histoire, rien de trop difficile, promis) :

- En 1914, la Première Guerre mondiale oppose d’un côté la France, le Royaume-Uni et la Russie, de l’autre l’Allemagne, l’Autriche Hongrie et l’Empire ottoman. Le front principal en Europe est bloqué dans une guerre de tranchées.
- Pour aider la Russie en difficulté, les Alliés cherchent à ouvrir une route maritime vers la mer Noire en forçant le passage d’un détroit stratégique contrôlé par l’Empire ottoman : les Dardanelles.
- Leur plan : d’abord faire passer la flotte en détruisant les forts et les mines du détroit, puis débarquer des troupes sur la péninsule de Gallipoli pour sécuriser les rives et menacer directement Constantinople (Istanbul).
- De mars 1915 à janvier 1916, des soldats britanniques, français, ANZAC (Australie - Nouvelle-Zélande), terre-neuviens et autres se battent dans un terrain escarpé, sous le feu ottoman, dans une guerre de tranchées meurtrière.
Et quel rapport avec le jeu ?

On incarne Fisher Harding, un soldat du régiment de Terre-Neuve, envoyé sur le front avec quelques camarades.
Fiers d'un entraînement intensif et renforcés par un commandement nous vendant une guerre facile contre des ennemis archaïques, nous sommes loin de nous douter des horreurs qui nous attendent.

Le jeu
Maintenant que le contexte historique est placé, j'aimerais aborder le jeu à proprement parler.

Par une sombre nuit de septembre, notre aventure (ou du moins, celle de la démo !) commence directement dans les tranchées. Nous (Fish'[er]), Gordon et Lonnie) recevons nos ordres : nous aventurer dans le No Man's Land pour tenter de récupérer des clichés cartographiques réalisés par un avion qui s'est écrasé non loin de là.

Mes premières impressions sont positives : le jeu, bien que sombre, est joli. Le ciel étoilé vient apporter une touche de magie à un environnement autrement déprimant : on est au cœur de la guerre, au milieu de soldats usés par la fatigue.


Rapidement cependant, je réalise que certains soldats sont "copiés-collés" à quelques mètres d'intervalle. D'ailleurs, je trouve même que mon acolyte, Gordon, ressemble à s'y méprendre à un camarade de guerre d'un tout autre jeu…


Ce n'est qu'un détail (potentiellement propre à la démo).
Toujours dans les détails, j'ai également remarqué que l'ensemble des soldats que l'on croise dispose d'une pilosité faciale marquée. Pas étonnant, me direz vous, puisque c'est bien la raison pour laquelle on les appelle "les poilus" ! Effectivement, pas étonnant, mais plutôt cool à noter puisque nos camarades, Gordon et Lonnie, eux, sont fraîchement rasés… Eh oui, ils viennent de rejoindre le front.


La suite, à l'instar de Two Falls, propose régulièrement des petites capsules documentaires pour en apprendre davantage sur l'univers qui nous est conté. Il faut d'abord trouver des objets, puis consulter les entrées de journal associées. Voyez plutôt :



Enfin, pour parfaire une recette que j'aime déjà beaucoup, Unreliable Narrators propose un choix de langue pour les voix : "Anglais de Terre-Neuve" ou "Français du Québec". Intrigué, j'ai terminé la démo dans les 2 langues et, franchement ? C'est du bon ! L'immersion est assurée dans les deux cas, l'humour est adapté, les expressions aussi.

Et comment ça se joue, alors ?
Dans mon cas, j'ai parcouru la démo en clavier (ZSQD) + souris et toutes les actions m'ont semblé instinctives (sprint en SHIFT, accroupissement en CTRL, ouverture de la carte en TAB, zoom / jumelles au clic droit).
On marche, on déclenche de petites animations à l'aide d'outils dont on dispose (par exemple pour couper des barbelés), le tout en prenant régulièrement part à des dialogues. On est donc bel et bien sur un walking sim (simulateur de marche), l'emphase étant clairement mise sur l'atmosphère et les relations entre protagonistes.



Séquence de gameplay : couper des barbelés
Conclusion
"Enweille" (anyway), je trouve que cette démo a rempli son rôle à mon égard : elle m'en a présenté assez pour me donner envie de découvrir le jeu entier, et l'a fait d'une manière qui confirme mon amour pour la marque de fabrique d'Unreliable Narrators. Un jeu qui s'annonce intelligent, intéressant et, surtout, humain.
Et vous, comptez-vous jouer à la démo ? Au jeu entier ? Avez-vous joué à Two Falls ? Bref, à vous l'espace commentaires pour échanger !
Quoi, vous lisez encore ?
Trop bien, alors avant de poser la plume je vais vous partager une petite anecdote que j'ai trouvée en faisant mes recherches : le "Caribou Trail" ou plutôt le "Sentier du Caribou" existe vraiment ! Il s'inscrit lui aussi dans le contexte historique de la première guerre mondiale, mais relève d'une autre bataille : celle de Beaumont-Hamel. Il s'agit en fait d'un ensemble de six sites mémoriaux allant de la France à la Turquie en passant par la Belgique. Si vous souhaitez en apprendre plus à ce sujet, je vous suggère le lien suivant :

Allez, cette fois c'est la bonne, merci beaucoup pour votre temps et à bientôt !